19 novembre 2007

Une nouvelle éthique de la bagnole?


Dans un de mes billets sur ce carnet, je faisais il y a quelques mois la promotion d’un nouveau rapport à la Nature en tant que partie essentielle d’une solution durable à la crise écologique globale. Je soulignais le fait que dans nos sociétés occidentales modernes, on compte généralement sur trois grands moyens pour réguler les comportements : la coercition (la loi), l’incitation matérielle (les instruments du marché) et l’éthique (les mentalités). Cette troisième forme de régulation fonctionne à la fois directement sous forme d’auto-restriction (e.g. respecter une limite de vitesse parce qu’il en va du bien commun et non par simple crainte de recevoir une amende) et indirectement en modelant les lois et les instruments du marché (e.g. voter pour un parti politique qui promet une politique de la sécurité routière plus sévère parce qu’il en va du bien commun). Une difficulté avec l’éthique est qu’elle est longue à établir ou à modifier (e.g. les femmes ont dû lutter longtemps avant que l’on ne conçoive équitablement leur statut social). Par contre, une fois intériorisée, une nouvelle éthique est plus stable qu’un autre type de régulation et a des effets plus profonds puisqu’elle peut réguler des comportements privés ou intimes à peu près inatteignables par la coercition et l’incitation matérielle (e.g. le partage équitable des tâches ménagères en tant que reconnaissance du principe éthique de l’égalité des sexes). Du reste, l’obéissance reposant rarement sur la force ou l’incitation pure, une certaine acceptation des lois et instruments économique est nécessaire à leur application (e.g. même le plus amoral des capitalismes se fonde sur une éthique du respect de la propriété privée).

Dans cette ligne de pensée, selon Yves Boisvert du journal La Presse, nous serions peut-être prêts d’une nouvelle éthique de la voiture. Son analyse montre l’importance et la puissance de l’éthique comme régulateur des comportements en société. Elle a de quoi réconforter ceux et celles qui se battent pour conscientiser les masses à propos de telle ou telle noble cause en montrant que oui, le changement est possible. Oui, périodiquement, les populations se réveillent. Mais aussi de quoi faire réfléchir, voire horrifier, ceux et celles qui possèdent un « fond » libertarien (ultralibéralisme) ou libertaire (anarchisme) – bref, la plupart d’entre-nous bien qu’à des degrés (très) divers…

2 commentaire(s) :

  • Moi , je n'ai aucun fond libertarien et mon fond libertaire, s'il existe encore, n'est nullement horrifier par ce texte! Je ne souhaite qu'une chose: que sa prophétie se réalise!

    Par Blogger Olivier Tremblay, Ã 19/11/07 22:22  

  • Mon fond libertaire n'est pas content, mais il est évidement utopique, donc je n'ai choix de me fondre dans la nouvelle bonne pensée socialement accpetée...mais c'est pour une bonne cause, donc je suis très cool avec ça.

    Par Anonymous MT, Ã 20/11/07 04:52  

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