Parizeau fait la barbe aux lucides
Ça n'arrive pas souvent et quand ça arrive, ça vaut la peine de le souligner. Dans une allocution aux HEC Montréal hier, l'ex-premier ministre Jacques Parizeau a fortement relativisé l'importance de la dette publique et du supposé choc démographique. Je cite ici Le Devoir d'aujourd'hui, un des seuls qui a parlé de cette conférence...:Et qu'on ne vienne pas lui parler du problème de la dette, qui devrait, au contraire, inciter le gouvernement à restreindre, voire à réduire son action. Cette dette du secteur public au Québec n'augmente pas mais recule en proportion de la taille de l'économie québécoise tout entière, a dit Jacques Parizeau. Elle se révèle inférieure à celle de la moyenne des pays de l'OCDE ainsi qu'à celle de quatre pays du G7, même si on y ajoute la part de la dette du gouvernement fédéral qui reviendrait normalement au Québec. «Répandre la hantise de la dette publique fait maintenant partie de la psychologie collective, a déploré le professeur honoraire de HEC Montréal. Cela passera, on l'espère, parce qu'il pourrait y avoir là un frein aux investissements dans l'éducation et la compétitivité des entreprises.» Il a dit ne pas trop craindre non plus le choc démographique annoncé par plusieurs experts. Les fonds de retraite québécois ont fait preuve de plus de prudence que dans bien d'autres pays. Il a dit ne pas trop craindre non plus le choc démographique annoncé par plusieurs experts.L'année 2006 a montré que le taux de natalité pouvait remonter à un niveau plus souhaitable, probablement sous l'effet des nouvelles politiques familiales adoptées ces dernières années. Rien n'empêcherait non plus d'accueillir au besoin plus de travailleurs qualifiés étrangers si les mécanismes d'intégration fonctionnent bien.
Ça fait du bien des fois d'entendre un autre discours que celui des chroniqueurs et autres leaders d'opinions qui font tout pour nous convaincre qu'il faut restreindre l'action de l'État pour diminuer une dette, somme toute raisonnable en comparaison avec d'autres pays riches. Rappelons que Parizeau est économiste...
Libellés : Olivier Tremblay, Politique Québécoise


3 commentaire(s) :
J'ai lu sur Canoe qu'il disait préconiser les investissements afin d'améliorer notre économie.
Mais réduire la dette n'empêche pas d'investir dans l'économie...
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Nelson, Ã 13/4/07 21:18
Ce débat est tout à fait intéressant. En fait, les chefs des partis politiques ont peu abordé la question des stratégies de développement du Québec lors de la campagne électorale. Cela a manqué à mon avis.
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Gaétan Pouliot, Ã 13/4/07 22:29
Nelson,
Réduire la dette n'empêche aucun autre investissement, c'est vrai, du moins ni plus ni moins que n'importe quel investissement en empêche un autre. Cependant, on ne peut les faire tous en même temps et une liste des priorités doit être établie. La dette doit-elle être une priorité? Ce que Parizeau dit, c'est que d'autres choses doivent venir AVANT la dette, et ce, pas d'un point de vue moral, mais d'un point de vue économique. Par ailleurs, notre dette semble gérable et normale, alors il est permis de mettre en doute le discours de ceux qui veulent en faire une priorité.
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Frédéric Julien, Ã 16/4/07 13:16
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