À propos des tarifs d’électricité…
Il a récemment beaucoup été question de hausser les tarifs d’électricité des Québécois parce que ceux-ci, ayant été gelés durant plusieurs années, ne représenteraient pas le coût dit « réel » de l’énergie et inciteraient ainsi à la surconsommation et au gaspillage de la ressource. Ce raisonnement fort simple se base sur une des principales « lois » de la science économique : lorsque le prix d’un produit monte, sa demande baisse. Avec un prix de l’électricité plus élevé, on assisterait donc à une diminution de la quantité d’électricité consommée, mais également à une hausse des revenus d’Hydro-Québec si le prix du kilowattheure augmente proportionnément davantage que la consommation ne diminue. De plus, l’électricité non consommée ici pourrait être exportée à gros prix en Nouvelle-Angleterre où elle prendrait la place de sources d’énergie polluantes comme le charbon ou le gaz naturel. Puisque plus d’argent pour Hydro-Québec signifie plus d’argent pour le gouvernement de la province, une hausse du prix de l’électricité fournie par notre entreprise d’État permettrait également d’améliorer la situation financière dudit gouvernement. En définitive, hausser le coût de l’électricité serait une mesure à la fois écologiste (consommation québécoise moindre et alternative à la filière thermique états-unienne) et progressiste (la hausse du prix domestique et celle du volume des exportations serviraient à financer la mission sociale de l’État).
Tout cela est bien beau. Peut-être même trop beau pour être vrai…
En effet, si d’un point de vue macro-économique on peut s’attendre à une baisse de la consommation québécoise d’électricité suite à une augmentation significative de son prix, cette prédiction des économistes cache une difficile réalité micro-économique pour les strates les plus démunies de notre société. Comme le prix de l’électricité est le même pour tous, son augmentation toucherait plus durement les pauvres que les riches, ce qui est à proprement parler la définition d’une mesure socialement régressiste. Si un citoyen de la classe moyenne peut se permettre de payer, par exemple, 15 $ de plus par mois pour son électricité, cela n’est pas nécessairement le cas du citoyen appartenant à la classe populaire. De plus, parce que ce dernier a davantage de chances d’habiter un logement vétuste et mal isolé, sa facture risque d’être plus élevée pour le même niveau de confort. Finalement, pour des raisons culturelles et d’éducation, on peut penser que les mesures d’économie d’énergie censées compenser la hausse du prix seraient appliquées d’une manière moins systématique chez les plus démunis. Au demeurant, l’électricité au Québec est un produit essentiel dont la consommation est en partie incompressible : une fois les lumières éteintes, faudra-t-il en faire autant avec le réfrigérateur ou le chauffage?
Non progressiste, l’idée d’augmenter le coût de l’électricité n’est pas nécessairement écologiste non plus. En effet, si l’énergie sauvegardée ici est destinée à être exportée ailleurs, nous ne sommes pas plus avancés : le Québec produirait alors autant d’électricité et de contrat juteux en contrat juteux, Hydro-Québec pourrait bien se lancer dans une course folle à l’exportation avec de nouvelles hausses de tarif intérieur (pour s’ajuster au prix dit du « marché » et provoquer de nouvelles baisses de consommation) et la construction de nouvelles centrales à la clef. Au surplus, un strict arrimage au marché des pratiques tarifaires d’Hydro-Québec pourrait, sans y déboucher automatiquement, constituer le premier pas vers sa privatisation partielle ou totale, une avenue qui ne manquerait pas de mener vers l’approfondissement du fossé séparant les riches Québécois de leurs compatriotes plus démunis. Mais pourquoi vendre à faible prix ici quand on peut vendre à prix fort aux États-Unis? Parce que la mission d’Hydro-Québec, une entreprise d’État, est d’assurer l’accès égalitaire de tous les citoyens à un produit essentiel, l’électricité. Pour ce qui est de l’idée de fournir les États-Unis en énergie propre (hydroélectricité) pour qu’ils abaissent leur consommation d’énergies polluantes comme le charbon ou le gaz naturel, elle relève de la contorsion intellectuelle : les économies modernes, les États-Unis en tête, ont une soif insatiable pour l’énergie et la protection de notre environnement commence par une réduction de la consommation totale plutôt que par la neutralisation partielle des effets négatifs d’une faible proportion de la consommation générale d’énergie, par ailleurs en hausse constante.
Afin d’achever de montrer que la hausse des tarifs d’électricité n’est pas la panacée qu’on tente de nous vendre, il convient de proposer des moyens alternatifs de protection de notre environnement et de nos finances publiques. Une première voie dans laquelle le gouvernement pourrait s’engager pour protéger l’environnement est celle de la sensibilisation. Certes, certaines campagnes faisant la promotion de l’économie d’énergie sont déjà en cours, mais elles sont apparemment relativement inefficaces (si l’on considère que les Québécois consomment effectivement trop d’électricité). Plutôt que d’en déduire leur inutilité, il faudrait a contrario redoubler d’effort : faire davantage de sensibilisation et la faire mieux – i.e. multiplier les campagnes, diversifier les médias utilisés, varier les messages pour mieux cibler certaines populations, etc.
Penser que la sensibilisation ne mène à rien et reste la plupart du temps au niveau du discours revient à franchement négliger le potentiel de changement de l’humain. Les approches punitives (coercition, hausse de tarif, etc.) peuvent sembler les plus immédiatement efficaces, mais à long terme, la sensibilisation peut l’être davantage et entraîne une modification de comportement plus durable. Effectivement, si une action est engendrée par la force elle cesse d’être entreprise dès que cette force disparaît (e.g. une hausse de revenu qui vient compenser la hausse de tarif) et est spontanément combattue (e.g. en trafiquant son compteur d’électricité), alors que la sensibilisation, une approche positive, fait percevoir aux citoyens l’utilité de leur geste et rend celui-ci désirable en soi. Si le citoyen comprend l’importance de la protection de l’environnement et s’il acquiert le goût de cette protection, moins de contrôle (donc moins de ressources) sera nécessaire pour orienter son action dans le sens du bien commun et il risque même d’agir en conformité avec ce bien commun lorsque laissé à lui-même. Ainsi, si les Québécois empêchent aujourd’hui leurs proches de conduire en état d’ébriété, c’est essentiellement parce qu’ils ont pris conscience du danger que représente ce comportement plutôt qu’en raison de la peine d’emprisonnement risquée. D’autre succès de la sensibilisation incluent l’habitude qu’ont prise la majorité des Québécois d’attendre une poubelle avant de se débarrasser de leurs détritus dans la rue ou encore celle d’envoyer au recyclage une partie de leurs déchets. Bien sûr, le processus est plus long et plus ardu que de simplement hausser un tarif, mais les résultats, qui dépassent la simple diminution de la consommation d’un produit particulier, justifient l’effort supplémentaire.
En dehors de la sensibilisation, qui ne saurait être vue comme une panacée (telle que le serait la hausse des tarifs d’électricité selon plusieurs, les auteurs du manifeste Pour un Québec lucide au premier chef), de multiples politiques, éventuellement en conjonction, pourraient être appliquées par le gouvernement québécois afin d’éviter ou de limiter une hausse des tarifs d’électricité tout en assurant la protection de notre environnement et de nos finances publiques. Celles-ci incluent entre autre le financement de programmes de rénovation et d’efficacité énergétique par le gouvernement, une hausse des impôts, un réaménagement budgétaire, l’instauration d’incitatifs fiscaux applicables à l’achat d’électroménagers moins énergivores, la promulgation de nouvelles normes d’efficacité énergétique pour certains biens de consommation, l’augmentation ou la création de taxes sur des biens non essentiels (alcool, cigarettes, véhicules utilitaires-sport), la priorisation de la production d’énergie à impact environnemental minimal (e.g. l’énergie éolienne), etc.
Bref, il convient d’explorer de nombreuses possibilités avant d’en venir à bêtement hausser le prix de l’électricité pour le citoyen. Il faut garder à l’esprit qu’Hydro-Québec est une entreprise déjà très rentable et dont le but premier n’est pas le profit. Plutôt que de chercher à atteindre le prix dit « réel » ou du « marché » (quel marché? qui contrôle ce marché? la libre concurrence existe-t-elle vraiment?), les gestionnaires d’Hydro-Québec et le gouvernement seraient mieux avisés de faire tendre le prix de la ressource vers un niveau « juste » et « soutenable ». Le prix « réel » ou du « marché » n’est qu’un référent parmi d’autres – comme l’est par ailleurs la gratuité – et l’ériger en dogme tient du conformisme idéologique néolibéral davantage que d’un réel désir d’atteindre le bien commun. Un prix juste et soutenable pour l’électricité, un produit essentiel, serait un prix dont le niveau permettrait à tous les Québécois des présentes et futures générations de se chauffer et de bénéficier d’une vie raisonnablement confortable. Le prix juste et soutenable d’une ressource est donc un concept dynamique variant spatialement (d’une société à l’autre) et temporellement (d’une époque à l’autre) pour des raisons notamment culturelles et technologiques. Conséquemment, nous avons un certain contrôle sur celui-ci et nous nous devons de l’exercer. Si les Québécois consomment actuellement trop d’électricité à son prix actuel, il serait à la fois plus équitable et plus durable de travailler à modifier la relation prix-demande (faire en sorte que les Québécois consomment moins pour un même niveau de prix) que de restreindre l’accès à la ressource. Cependant, il s’agit là d’un processus long et ardu.
En conclusion, avant d’en venir à hausser les tarifs d’électricité des Québécois, il faudrait tout d’abord s’assurer que le coût actuel de l’électricité ne correspond pas à un niveau de prix soutenable, en considérant que l’hydroélectricité qu’Hydro-Québec produit avec ses installations existantes est une énergie propre et que la province ne devrait pas faire face à une grande augmentation de sa population dans un futur prévisible. Ensuite, si une baisse de la consommation d’électricité est effectivement nécessaire, il faut voir s’il n’est pas possible d’y parvenir par d’autres moyens que l’augmentation de son prix, par exemple grâce à la sensibilisation. Si, après analyse, il semble qu’une certaine majoration du prix de l’électricité soit nécessaire (en conjugaison de l’application d’autres mesures), celle-ci devrait être graduelle et accompagnée d’une aide gouvernementale pour les ménages les plus pauvres. Finalement, la structure des prix d’Hydro-Québec aurait avantage à être revue afin de respecter le critère de justice, et ce a fortiori en cas d’augmentation. Ainsi, les grandes industries pourraient être mises davantage à contribution et la facture des ménages modulée en fonction de leur consommation, c’est-à-dire que dépassé un certain nombre de kilowattheures consommés (fonction du nombre de personnes composant le ménage), le prix payé par kilowattheure augmenterait exponentiellement. Cette dernière mesure aurait l’avantage de cibler davantage les (trop) gros consommateurs, alors qu’une hausse uniforme du prix de l’électricité forcerait les plus pauvres d’entre-nous à diminuer drastiquement leur consommation en n’affectant que marginalement les classes les plus aisées.
Tout cela est bien beau. Peut-être même trop beau pour être vrai…
En effet, si d’un point de vue macro-économique on peut s’attendre à une baisse de la consommation québécoise d’électricité suite à une augmentation significative de son prix, cette prédiction des économistes cache une difficile réalité micro-économique pour les strates les plus démunies de notre société. Comme le prix de l’électricité est le même pour tous, son augmentation toucherait plus durement les pauvres que les riches, ce qui est à proprement parler la définition d’une mesure socialement régressiste. Si un citoyen de la classe moyenne peut se permettre de payer, par exemple, 15 $ de plus par mois pour son électricité, cela n’est pas nécessairement le cas du citoyen appartenant à la classe populaire. De plus, parce que ce dernier a davantage de chances d’habiter un logement vétuste et mal isolé, sa facture risque d’être plus élevée pour le même niveau de confort. Finalement, pour des raisons culturelles et d’éducation, on peut penser que les mesures d’économie d’énergie censées compenser la hausse du prix seraient appliquées d’une manière moins systématique chez les plus démunis. Au demeurant, l’électricité au Québec est un produit essentiel dont la consommation est en partie incompressible : une fois les lumières éteintes, faudra-t-il en faire autant avec le réfrigérateur ou le chauffage?
Non progressiste, l’idée d’augmenter le coût de l’électricité n’est pas nécessairement écologiste non plus. En effet, si l’énergie sauvegardée ici est destinée à être exportée ailleurs, nous ne sommes pas plus avancés : le Québec produirait alors autant d’électricité et de contrat juteux en contrat juteux, Hydro-Québec pourrait bien se lancer dans une course folle à l’exportation avec de nouvelles hausses de tarif intérieur (pour s’ajuster au prix dit du « marché » et provoquer de nouvelles baisses de consommation) et la construction de nouvelles centrales à la clef. Au surplus, un strict arrimage au marché des pratiques tarifaires d’Hydro-Québec pourrait, sans y déboucher automatiquement, constituer le premier pas vers sa privatisation partielle ou totale, une avenue qui ne manquerait pas de mener vers l’approfondissement du fossé séparant les riches Québécois de leurs compatriotes plus démunis. Mais pourquoi vendre à faible prix ici quand on peut vendre à prix fort aux États-Unis? Parce que la mission d’Hydro-Québec, une entreprise d’État, est d’assurer l’accès égalitaire de tous les citoyens à un produit essentiel, l’électricité. Pour ce qui est de l’idée de fournir les États-Unis en énergie propre (hydroélectricité) pour qu’ils abaissent leur consommation d’énergies polluantes comme le charbon ou le gaz naturel, elle relève de la contorsion intellectuelle : les économies modernes, les États-Unis en tête, ont une soif insatiable pour l’énergie et la protection de notre environnement commence par une réduction de la consommation totale plutôt que par la neutralisation partielle des effets négatifs d’une faible proportion de la consommation générale d’énergie, par ailleurs en hausse constante.
Afin d’achever de montrer que la hausse des tarifs d’électricité n’est pas la panacée qu’on tente de nous vendre, il convient de proposer des moyens alternatifs de protection de notre environnement et de nos finances publiques. Une première voie dans laquelle le gouvernement pourrait s’engager pour protéger l’environnement est celle de la sensibilisation. Certes, certaines campagnes faisant la promotion de l’économie d’énergie sont déjà en cours, mais elles sont apparemment relativement inefficaces (si l’on considère que les Québécois consomment effectivement trop d’électricité). Plutôt que d’en déduire leur inutilité, il faudrait a contrario redoubler d’effort : faire davantage de sensibilisation et la faire mieux – i.e. multiplier les campagnes, diversifier les médias utilisés, varier les messages pour mieux cibler certaines populations, etc.
Penser que la sensibilisation ne mène à rien et reste la plupart du temps au niveau du discours revient à franchement négliger le potentiel de changement de l’humain. Les approches punitives (coercition, hausse de tarif, etc.) peuvent sembler les plus immédiatement efficaces, mais à long terme, la sensibilisation peut l’être davantage et entraîne une modification de comportement plus durable. Effectivement, si une action est engendrée par la force elle cesse d’être entreprise dès que cette force disparaît (e.g. une hausse de revenu qui vient compenser la hausse de tarif) et est spontanément combattue (e.g. en trafiquant son compteur d’électricité), alors que la sensibilisation, une approche positive, fait percevoir aux citoyens l’utilité de leur geste et rend celui-ci désirable en soi. Si le citoyen comprend l’importance de la protection de l’environnement et s’il acquiert le goût de cette protection, moins de contrôle (donc moins de ressources) sera nécessaire pour orienter son action dans le sens du bien commun et il risque même d’agir en conformité avec ce bien commun lorsque laissé à lui-même. Ainsi, si les Québécois empêchent aujourd’hui leurs proches de conduire en état d’ébriété, c’est essentiellement parce qu’ils ont pris conscience du danger que représente ce comportement plutôt qu’en raison de la peine d’emprisonnement risquée. D’autre succès de la sensibilisation incluent l’habitude qu’ont prise la majorité des Québécois d’attendre une poubelle avant de se débarrasser de leurs détritus dans la rue ou encore celle d’envoyer au recyclage une partie de leurs déchets. Bien sûr, le processus est plus long et plus ardu que de simplement hausser un tarif, mais les résultats, qui dépassent la simple diminution de la consommation d’un produit particulier, justifient l’effort supplémentaire.
En dehors de la sensibilisation, qui ne saurait être vue comme une panacée (telle que le serait la hausse des tarifs d’électricité selon plusieurs, les auteurs du manifeste Pour un Québec lucide au premier chef), de multiples politiques, éventuellement en conjonction, pourraient être appliquées par le gouvernement québécois afin d’éviter ou de limiter une hausse des tarifs d’électricité tout en assurant la protection de notre environnement et de nos finances publiques. Celles-ci incluent entre autre le financement de programmes de rénovation et d’efficacité énergétique par le gouvernement, une hausse des impôts, un réaménagement budgétaire, l’instauration d’incitatifs fiscaux applicables à l’achat d’électroménagers moins énergivores, la promulgation de nouvelles normes d’efficacité énergétique pour certains biens de consommation, l’augmentation ou la création de taxes sur des biens non essentiels (alcool, cigarettes, véhicules utilitaires-sport), la priorisation de la production d’énergie à impact environnemental minimal (e.g. l’énergie éolienne), etc.
Bref, il convient d’explorer de nombreuses possibilités avant d’en venir à bêtement hausser le prix de l’électricité pour le citoyen. Il faut garder à l’esprit qu’Hydro-Québec est une entreprise déjà très rentable et dont le but premier n’est pas le profit. Plutôt que de chercher à atteindre le prix dit « réel » ou du « marché » (quel marché? qui contrôle ce marché? la libre concurrence existe-t-elle vraiment?), les gestionnaires d’Hydro-Québec et le gouvernement seraient mieux avisés de faire tendre le prix de la ressource vers un niveau « juste » et « soutenable ». Le prix « réel » ou du « marché » n’est qu’un référent parmi d’autres – comme l’est par ailleurs la gratuité – et l’ériger en dogme tient du conformisme idéologique néolibéral davantage que d’un réel désir d’atteindre le bien commun. Un prix juste et soutenable pour l’électricité, un produit essentiel, serait un prix dont le niveau permettrait à tous les Québécois des présentes et futures générations de se chauffer et de bénéficier d’une vie raisonnablement confortable. Le prix juste et soutenable d’une ressource est donc un concept dynamique variant spatialement (d’une société à l’autre) et temporellement (d’une époque à l’autre) pour des raisons notamment culturelles et technologiques. Conséquemment, nous avons un certain contrôle sur celui-ci et nous nous devons de l’exercer. Si les Québécois consomment actuellement trop d’électricité à son prix actuel, il serait à la fois plus équitable et plus durable de travailler à modifier la relation prix-demande (faire en sorte que les Québécois consomment moins pour un même niveau de prix) que de restreindre l’accès à la ressource. Cependant, il s’agit là d’un processus long et ardu.
En conclusion, avant d’en venir à hausser les tarifs d’électricité des Québécois, il faudrait tout d’abord s’assurer que le coût actuel de l’électricité ne correspond pas à un niveau de prix soutenable, en considérant que l’hydroélectricité qu’Hydro-Québec produit avec ses installations existantes est une énergie propre et que la province ne devrait pas faire face à une grande augmentation de sa population dans un futur prévisible. Ensuite, si une baisse de la consommation d’électricité est effectivement nécessaire, il faut voir s’il n’est pas possible d’y parvenir par d’autres moyens que l’augmentation de son prix, par exemple grâce à la sensibilisation. Si, après analyse, il semble qu’une certaine majoration du prix de l’électricité soit nécessaire (en conjugaison de l’application d’autres mesures), celle-ci devrait être graduelle et accompagnée d’une aide gouvernementale pour les ménages les plus pauvres. Finalement, la structure des prix d’Hydro-Québec aurait avantage à être revue afin de respecter le critère de justice, et ce a fortiori en cas d’augmentation. Ainsi, les grandes industries pourraient être mises davantage à contribution et la facture des ménages modulée en fonction de leur consommation, c’est-à-dire que dépassé un certain nombre de kilowattheures consommés (fonction du nombre de personnes composant le ménage), le prix payé par kilowattheure augmenterait exponentiellement. Cette dernière mesure aurait l’avantage de cibler davantage les (trop) gros consommateurs, alors qu’une hausse uniforme du prix de l’électricité forcerait les plus pauvres d’entre-nous à diminuer drastiquement leur consommation en n’affectant que marginalement les classes les plus aisées.
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